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Paul Gauguin (1848-1903)
Bouquet de fleurs

1897
Huile sur toile 73 × 93 cm
Signé et daté en bas à droite : "P. Gauguin 97".
inv. 5333
Don Nelly Sergeant-Duhem (1985)
En 1895, Gauguin est de retour à Tahiti. Il ne reviendra plus en France. Bien qu’il soit marqué par la maladie, la pauvreté et la détresse morale, c’est au cours de ce séjour que l’artiste va peindre ses plus importantes compositions et son chef-d’œuvre D’où venons-nous ? Que sommes-nous ? Où allons-nous ? (Boston, Museum of Fine Arts). Le sujet du musée Marmottan Monet – une nature morte – est donc d’autant plus surprenant que Gauguin, peintre de figures par excellence, n’a que rarement représenté des bouquets de fleurs. Dans une lettre à Ambroise Vollard qui lui réclame alors ce type de production, sans doute plus facile à vendre, l’artiste fait part de ses difficultés : « […] je ne suis pas un peintre d’après nature – aujourd’hui moins qu’avant. Tout chez moi se passe en ma folle imagination » (Gauguin, 1949). À travers cette table nappée chargée de fleurs et de fruits, il renoue ainsi avec un motif traditionnel, tout en rendant hommage aux peintres qu’il a admirés (Paul Cézanne, Vincent van Gogh, Odilon Redon). Mais ce retour aux sources s’arrête là, car Gauguin, primitiviste dans l’âme, dote aussi sa toile d’un message ambigu et hermétique, qu’exprime la figure du petit chien tapi dans l’ombre des fleurs, à droite de la composition. Il évoque enfin son pays d’adoption en insérant à gauche des fruits exotiques, choisis pour leurs formes décoratives et leurs couleurs flamboyantes.