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Claude Monet (1840-1926)
Cathédrale de Rouen, effet de soleil, fin de journée

1892
Huile sur toile 100 × 65 cm
inv. 5174
Legs Michel Monet (1966)
En 1892, Monet séjourne régulièrement à Rouen et loge successivement dans deux appartements qui font face à la cathédrale. Depuis leurs fenêtres, il s’attaque à un projet d’envergure qui l’occupera de février à avril deux années de suite, celui de peindre le portail occidental, selon plusieurs angles et à différentes heures du jour. La lettre qu’il adresse à Alice le 18 mars 1892 témoigne de l’ampleur de la tâche : « Je travaille comme un nègre, aujourd’hui 9 toiles : vous pensez si je suis fatigué, mais je suis émerveillé de Rouen » (in Wildenstein, 1979b, no 1140). Exposée chez Durand-Ruel en 1895, cette nouvelle série ne manque pas d’attirer les amateurs et de faire parler les critiques qui célèbrent l’expérimentation et la volonté de l’artiste de repousser les limites de la peinture par des recherches inédites. Dans la version du musée Marmottan Monet, qui ne possède pas encore la matière plus épaisse des autres toiles de la série, Monet interprète sa vision de la pierre au contact du soleil par une harmonie de rose, de beige et de jaune qui contraste avec les zones d’ombre suggérées par des teintes mauves et bleues.