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Claude Monet (1840-1926)
Impression, soleil levant

1872
toile (peinture à l’huile) H. 50 cm ; l. 65 cm (sans cadre) ; H. 75 cm ; l. 91 cm ; P. 10 cm (avec cadre)
Signé en bas à gauche : Claude Monet et postèrieurement daté : 72.
inv. 4014
Don Eugène et Victorine Donop de Monchy (donateurs) (23/05/1940 acquis)
Un séjour, vers novembre 1872, à l’hôtel de l’Amirauté au Havre offre à Monet le motif de sa toile la plus célèbre, Impression, soleil levant. Depuis la fenêtre de sa chambre, le peintre brosse une vue du sud-est de l’avant-port au petit matin. Les contours du quai au Bois à gauche et du quai Courbe, en travaux à droite, structurent la composition. La percée centrale indique l’emplacement de l’écluse des transatlantiques ouverte sur le bassin de l’Eure. Grues, cheminées et mâtures baignent dans les vapeurs et les brumes d’une aube automnale. Les barques de passeurs au premier plan, le soleil vif orangé et ses reflets sont ajoutés au moment où Monet termine sa toile. Peinte en quelques heures, cette image évanescente surprend par sa liberté de facture peu commune. L’artiste décide de la faire figurer, en 1874, à la première exposition de la Société anonyme coopérative des artistes peintres, sculpteurs, graveurs et lithographes organisée dans les anciens ateliers de Nadar ; il est alors sommé de lui trouver un titre pour le catalogue. Considérant que l’oeuvre ne peut décemment pas passer pour une vue du Havre, il l’intitule Impression. Ce terme, issu du jargon des peintres, était depuis le milieu du siècle sur toutes les lèvres. Il désignait l’intérêt grandissant de paysagistes pour le rendu d’une atmosphère, d’une impression, au détriment d’une description minutieuse de la nature. Envoyé par le journal satirique Le Charivari pour couvrir l’événement, le très conservateur Louis Leroy fait immédiatement le lien entre le titre choisi par Monet et les aspirations contestées de jeunes peintres passionnés par le plein air. Il s’en inspire pour forger le titre de son article féroce : « L’exposition des impressionnistes» (25 avril 1874). Quelques jours plus tard, le commentateur Jules Castagnary, fervent défenseur des exposants, reprend à son compte le terme d’impressionnistes et lui confère une valeur positive. Il désigne dès lors le groupe formé par Monet et ses amis. Impression, soleil levant en est aujourd’hui le symbole.